Friday, March 07, 2014

De patriarcas otoñales e inviernos del descontento. Con apunte venezolano



Marie-Madeleine Gladieu
Lectures de García Márquez: ‘El otoño del Patriarca’
Presses Universitaires de Rennes (Collection : Didact Espagnol), Rennes, 2014, 128 pp.
ISBN : 978-2-7535-2874-1


Sommaire

• Figures de dictateurs
• Le patriarche : de la réalité à la fiction
• Le temps
• L’écriture romanesque
• L'oralité perpétuelle vs le patriarche vaincu


Dans le cadre de l’un des aspects du programme (correspondant au programme du cycle terminal en littérature), le premier aspect traité est la contextualisation historique du personnage du dictateur et de la dictature («l’écrivain dans son siècle», pour ce programme). Le romancier éfléchit à partir d’une réalité qui apparaît après l’Indépendance, au xixe siècle en Amérique latine. Il exprime la soif de pouvoir d’ambitieux frustrés, idolâtrés et redoutés à la fois, car ils prétendent incarner et imposer un ordre nouveau.
Les avatars du modèle iront de Bolivar aux divers dictateurs, des libérateurs qui gèrent un pays comme leur propriété, ou des réformateurs libéraux, qui feront naître l’économie moderne mais se comportent parallèlement en tyrans, puis au modèle le plus courant dans la première moitié du xxe siècle, de simples tyrans sanguinaires au service de puissant voisin du nord, dont ils protègent les intérêts, qui font figure de pères du peuple dont ils sont les bourreaux.
Dans le cadre de «mythes et héros», la réflexion sur le personnage du dictateur s’élargira au mythe de la révolution, mythe des sociétés latinoaméricaines des années soixante, né du triomphe de la Révolution cubaine.
Le rapprochement doit être fait avec le triomphe des Barbudos cubains. Dans ce cadre, le dictateur est bien l’anti héros: valeurs sociales inversées sous son gouvernement, silence imposé au peuple, etc. Ici, le héros, c’est le peuple qui envahit le palais présidentiel.
Du point de vue littéraire, il conviendra d’étudier l’évolution de la présentation romanesque (avec quelques allusions à la poésie, trop souvent servile à l’égard des tyrans – Ruben Dario, et autres thuriféraires de Manuel Estrada Cabrera, par exemple) de la figure du dictateur, en soulignant la spécificité du personnage de García Márquez. Souligner les phénomènes d’intertextualité permettra de souligner les notions d’ «héritages et de ruptures», autre angle d’approche d’une oeuvre suggéré par le programme ministériel.
Le problème de l’instance narratrice est fondamental. Le texte romanesque traduit l’oralité : le peuple qui a investi le Palais raconte, chacun ajoutant ses souvenirs, l’histoire du Patriarche. On peut en voir le modèle dans certains passages de La casa verde de Mario Vargas Llosa, publié quelques années plus tôt: les habitants d’un quartier rendent compte de l’histoire de deux personnages venus s’installer parmi eux.
Le personnage est finalement créé ici par ces voix qui se succèdent, dans toute sa complexité, du grand enfant qui apprend à lire au tyran sadique qui fait croire à sa mort pour se débarrasser de ses ennemis. La prise de parole est une prise de pouvoir. Le style direct libre est l’une des techniques d’écriture qui oppose les paroles insignifiantes ou cruelles du Patriarche à celles du peuple.


Marie-Madeleine Gladieu, professeur à l’université de Reims, est spécialiste de littérature et de cultures hispano-américaines (Mario Vargas Llosa, Miguel Angel Asturias, Romulo Gallegos, etc.).

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Con ocasión del cumpleaños de García Márquez y aniversario del fallecimiento de Hugo Chávez

Ahora el invierno de nuestro descontento se vuelve verano con este sol de York; y todas las nubes que se encapotaban sobre nuestra casa están sepultadas en el hondo seno del océano.
William Shakespeare, Ricardo III, Acto I, esc. I


Si las decisiones fundamentales no son el resultado de discusiones abiertas de la gente de izquierda, sino que se lanzan al mundo como regalos de un salvador en larguísimas alocuciones dominicales,
es lícito plantearse dudas acerca de si este procedimiento pintoresco puede ser el fundamento de una política revolucionaria en el largo plazo.

Klaus Meschkat, “¿Qué pensar de Hugo Chávez?”, Sociedad Hoy, 10 (2006), pp. 211-221, cit. p. 216.



Este subgénero narrativo característico de la literatura hispanoamericana que, curiosamente, arranca con el valleinclanesco Tirano Beneras de 1926, y eclosiona como “la novela del dictador” en El Señor Presidente (1946), de Miguel Ángel Asturias, El otoño del patriarca (1975), de Gabriel García Márquez, Yo, el Supremo (1974), de Augusto Roa Bastos y el ‘Primer magistrado’ de El recurso del método (1974), de Alejo Carpentier, a mi parecer recibió pronto y precursor análisis en Paul Verdevoye (coord.), “Caudillos”, “caciques” et dictateurs dans le roman hispano-americain,Éditions hispaniques, París, 1978.

Está por hacer, sin embargo, la ‘nueva novela del dictador’. Y me refiero no sólo a su narrativa, sino también a la ensayística del fenómeno. Los nuevos caudillos ya no proceden del mundo rural, como en el siglo XIX y e incluso gran parte del XX. Ahora su procedencia es primordialmente urbana, o al menos ambivalente. El mejor ejemplo, Hugo Chávez.

No estoy muy seguro de que la situación venezolana esté próxima al otoño. Sé, no obstante, que el invierno de su descontento definitivamente ha pasado.

J.C.G.



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