Friday, May 24, 2013

L'architecture judiciaire. Séminaire itinérant Montréal & New York

Séminaire itinérant sur l'architecture judiciaire
27 au 31 mai 2013 à Montréal et à New York



The Court of the Future Network

The Court of the Future Network is a group of architects, engineers, psychologists, judicial officers, lawyers, criminologists and others in Australia and New Zealand who work closely with court communities to improve the quality of justice environments.
Our interests include both the physical and psychological setting of courts and tribunals, and also the processes and rituals of justice. We identify emerging issues, carry out research to discover and test how new approaches might work in the real world of the court, and disseminate information through conferences and workshops.
Current and previous research by the Court of the Future Network, in consultation with court and tribunal communities, includes projects on:

1. juror satisfaction
2. Mental Health Tribunals
3. juries and interactive visual evidence
4. court safety and security
5. improving video-mediated communications for justice participants.

Professor David Tait and Diane Jones co-ordinate the Court of the Future Network. David also leads the Justice Research Group which is based at the University of Western Sydney on the Bankstown Campus and Diane is a Director of PTW Architects.

For further information contact: David Tait; Diane Jones



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Edition 2013 du séminaire itinérant sur l’architecture judiciaire

Fuente : IHEJ - Institut des Hautes Études sur la Justice. http://www.ihej.org/court-tour-2013/


Une révolution tranquille : c'est ce à quoi pourraient s'apparenter les transformations qui affectent aujourd'hui l'architecture des lieux de justice. Les majestueux bâtiments de style néo-classique ont peu à peu fait place à d'élégantes constructions modernes de verre et d'acier qui, tout en améliorant le confort des environnements de travail et l'efficacité des services rendus, conduisent aussi à de nouvelles façons de représenter la justice.
Les nouvelles technologies sont également sources de changements profonds. Elles transforment les méthodes de travail, la présentation des preuves, la place de chaque participant. Si les tribunaux deviennent plus ouverts et accessibles, ils deviennent aussi plus fermés, avec des barrières de sécurité et des zones de circulation séparées.
Afin de mieux comprendre cette évolution, le séminaire itinérant « Court Tour » réunit depuis plusieurs années des magistrats, des administrateurs judiciaires, des architectes et des chercheurs venus d'Australie, de Nouvelle-Zélande, d'Europe, d'Asie et d'Amérique du Nord, qui souhaitent échanger autour de ces questions essentielles. Organisé autour de la visite de plusieurs bâtiments dans un pays différent à chaque édition, il se veut un moment unique de confrontation et de réflexion autour d'enjeux communs : organisation, fonctionnalité, sécurité, accessibilité, design, coût et modes d'administration des lieux de justice.
En 2013, les participants au séminaire iront explorer les tribunaux de deux capitales culturelles d'Amérique du Nord : Montréal et New York. A Montréal, ils auront l'occasion de visiter l'imposante Cour d'appel de style néo-classique ; le tribunal de première instance qui combine accès ouvert sur la ville et salles d'audience au design créatif ; enfin, la Cour supérieure qui peut accueillir jusqu'à 70 prévenus, avec un niveau de sécurité renforcée. Ils visiteront également le laboratoire de cyberjustice de l'université de Montréal pour explorer les nouvelles technologies employées dans les salles d'audience. A New York, ils apprécieront des bâtiments totalement différents situés à Brooklyn, dans le Bronx et Staten Island, ainsi qu'un centre de justice de proximité, situé dans un quartier défavorisé du centre-ville.
Ce séminaire itinérant, dont c'est la sixième édition, est co-parrainé par l'IHEJ et le réseau « Court of the Future », qui, en Australie et en Nouvelle-Zélande, réunit entre autres des architectes, des ingénieurs, des psychologues, des fonctionnaires de justice et des criminologues qui travaillent en étroite collaboration avec les tribunaux pour améliorer la qualité des environnements de justice. Il est également organisé en association avec le Centre de recherche en droit public (Université de Montréal) et l'American Institute of Architects Academy of Architecture for Justice (AIA AAJ).





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L’architecture judiciaire en temps de crise : un regard américain

Fuente : IHEJ - Institut des Hautes Études sur la Justice. http://www.ihej.org/larchitecture-judiciaire-en-temps-de-crise-un-regard-americain/

Réaménagement des espaces, attention portée à l’environnement : au-delà de la maîtrise des coûts, la crise stimule l’imagination des architectes américains et renouvelle leurs pratiques. Les dernières tendances d’une architecture judiciaire réinventée.
Réunis en congrès comme chaque année à l’automne sous l’égide de l’American Institute of Architects, les architectes américains qui ont fait de la construction de bâtiments de justice leur spécialité ont cette fois placé la crise économique au cœur de leurs réflexions.
Une crise qui finit par affecter les commandes publiques aux Etats-Unis, au niveau fédéral comme au niveau des Etats. A n’en pas douter, cette crise est une contrainte majeure sur les projets des architectes à qui l’on demande d’explorer des voies nouvelles pour la construction ou la rénovation des bâtiments de justice dans le respect de budgets toujours plus restreints.




Pour autant, si elle n’a d’autre choix que de s’adapter au contexte morose des années 2010, l’architecture judiciaire ne peut à l’autre bout du spectre ignorer qu’elle demeure un investissement réel et symbolique pour les générations futures, un repère pour la démocratie, et brader cet héritage séculaire sous prétexte de crise ne saurait passer pour une bonne politique.
Car le palais de justice n’est pas un lieu comme les autres. Il est le témoin pour longtemps d’un état de la justice à un moment donné : de l’attention portée aux personnes qui y travaillent à la façon dont on y accueille le public, et jusque dans l’image qu’il impose à ses visiteurs et dans la cité. Le dilemme de l’architecture en temps de crise peut donc se résumer ainsi : comment continuer à faire pareil – voire mieux – avec moins ?

La mutualisation des espaces ou la fin de l’exception judiciaire américaine

La première piste évoquée lors du congrès de novembre dernier concerne l’aménagement des espaces de travail pour réduire la surface à construire et donc son coût. Les juges américains avaient fini par s’habituer à l’idée que chacun puisse régner sur un espace particulier du palais : une salle d’audience, une chambre et des parties administratives qui leur étaient propre.
L’heure est désormais à la mutualisation des espaces, ce qui rapproche évidemment le design judiciaire américain de ce qu’il est depuis longtemps en Europe : un exercice d’aménagement subtil et ordonné, dans lequel cohabitent des professionnels regroupés selon leur rang. Salles d’audiences partagées et même parfois bureaux communs à plusieurs juges, greffes regroupés en plateaux, accueil du public dans des zones réservées : une petite révolution qui tranche avec l’image que donnent encore aujourd’hui les fictions judiciaires américaines du juge et de sa cour, un espace où s’exprime d’abord la parole propre du juge (comme l’emploi de la première personne dans le texte des décisions qu’il rend) avant celle de l’institution. Pour le juge américain, ce changement n’est rien de moins que l’entrée d’un imaginaire administratif dans un lieu plutôt tourné vers le politique.
A vrai dire, cette évolution de l’espace judiciaire n’est pas entièrement nouvelle aux Etats-Unis, qui depuis les années soixante a toujours cultivé le souci d’améliorer la fonctionnalité des lieux et le service au public. Mais la tendance décrite précédemment semble se généraliser et devenir la règle de l’Est à l’Ouest du pays, et prendre même un nouveau virage avec la crise : celui de devoir reconsidérer dans leur ensemble les usages du bâtiment traditionnellement construit autour de la salle d’audience.
Car la mutualisation, c’est aussi la polyvalence. Le palais de justice apparaît de moins en moins comme la propriété des juges au profit d’un lieu de rencontre citoyen toujours plus ouvert sur la ville. Les larges espaces qui, aux Etats-Unis, servent à réunir les cohortes de jurés en conférence, doivent pouvoir servir d’autres institutions ou services publics et répondre à leurs besoins immobiliers ponctuels ou réguliers. La mutualisation à l’œuvre aux Etats-Unis enfin, c’est une façon de revoir en profondeur la façon de travailler des professionnels : regroupement des services sur un même lieu, salles d’audiences modulaires qui peuvent répondre à de multiples besoins procéduraux, levier des nouvelles technologies pour plus de mobilité, remise à plat des horaires pour optimiser l’occupation des locaux par fonction. Plus que jamais, la construction de l’espace judiciaire semble intimement liée au modèle de management des services, et ce très en amont du projet comme en témoigne le développement des nouveaux modes de financement et de réalisation des infrastructures publiques pour la justice

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