Tuesday, June 12, 2012

LITTÉRATURE ET CINÉMA/ LITERATURA Y CINE





Nacache, Jacqueline / Bourget, Jean-Loup (dir.)
Cinématismes. La littérature au prisme du cinémaPeter Lang, (Coll. Film Cultures. Vol. 5) Bern, Berlin, Bruxelles,
Frankfurt am Main, New York, Oxford, Wien, 2012. 347 p.
ISBN 978-3-0343-0671-3
ISBN 978-3-0351-0407-3 (eBook)

Synopsis
Dès sa naissance, parallèlement à son évolution technique, artistique et économique, le cinéma se construit, en tant que concept et instrument d'analyse, dans les discours qui accompagnent son développement. Il constitue un filtre qui permet de poser sur le monde un regard neuf et, dans le domaine des arts notamment, éclaire des formes parfois bien antérieures à son invention. Tel est le principe du cinématisme selon S. M. Eisenstein: « Il semble que tous les arts aient à travers les siècles tendu vers le cinéma. Inversement, le cinéma aide à comprendre leurs méthodes ».
Le présent ouvrage, issu d'un colloque tenu à l'Ecole normale supérieure et à l'Institut national d'histoire de l'art (INHA) en décembre 2010, se donne pour objet l'étude des cinématismes entendus comme l'ensemble des moyens d'interprétation fournis par le 7e art. Centrée sur la littérature, cette réflexion interdisciplinaire envisage d'une part la notion de cinématographicité du texte littéraire et ses enjeux théoriques, d'autre part les discours au fil desquels le cinéma est devenu référent, comparaison ou norme. Elle examine enfin les oeuvres dans lesquelles se repèrent, sur le plan de l'inspiration comme du style, les indices d'un cinéma réel ou rêvé.
Contents
Jacqueline Nacache : Le cinéma imaginaire - Vincent Amiel : Avatars de l'estrangement - Pascal Rousse : Eisenstein: l'imagicité, fil conducteur du cinématisme - Leonid Heller : Cinématismes et avant-gardes. Le cas russe - Laurent Jullier : Une rétro-ingénierie du regard. L'exemple des voyages de Scrooge - Guillaume Soulez : La défaite de MéphistoMéliès ou les degrés de l'imagination dans Faust de Murnau - José Moure : L'idée cinématographique dans la littérature au tournant du XXe siècle - Alain Carou : Des visions qui défilent. Usages de l'équivalence cinématographique dans la littérature et la critique littéraire en France au début du vingtième siècle - Mireille Brangé : Le cinéma, la poésie, la littérature. Usages du « pré-cinéma » au Vieux Colombier, dans L'Art cinématographique et La NRF (1926-1930) - Régis Salado : Le film et le flux. À propos de quelques références au cinématographe dans le débat critique sur le monologue intérieur - Jacqueline Nacache : Virgile cinéaste : le pré-cinéma comme utopie pédagogique - Sophie Rabau : Victor Bérard ou la préparation du film - Delphine Gleizes : L'hypothèse précinématographique, symptôme des mutations du fait littéraire au XIXe siècle ? Anne-Marie Baron : Ce que le cinéma doit à Balzac - Sara Thornton : Dickens et notre rêve de cinéma - Jean-Pierre Naugrette : « L'optique cinématographique » : R. L. Stevenson et G. Greene avec Brecht, lecture de la scène du Prater dans Le Troisième Homme - Ludovic Cortade : Michel Leiris et Citizen Kane : la littérature et le cinéma en partage - Marie Bouchet : « L'image-mouvement » nabokovienne : paradoxes de l'écriture cinématique à travers l'étude des oeuvres de Vladimir Nabokov - Bérénice Bonhomme : Claude Simon : à la lumière du cinéma.

Jacqueline Nacache est professeur d'études cinématographiques à l'université Paris-Diderot. Elle a publié notamment Hollywood, l'ellipse et l'infilmé (2001), L'Acteur de cinéma (2003) et, en collaboration avec Jean-Loup Bourget, Le Classicisme hollywoodien (2009).
Jean-Loup Bourget est professeur d'études cinématographiques à l'Ecole normale supérieure. Il est l'auteur de treize ouvrages, dont Hollywood, la norme et la marge (1998), Hollywood, un rêve européen (2006) et Fritz Lang, Ladykiller (2009).

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Se trata de las actas del Coloquio organizado con el mismo título por sus ahora editores en la École Normale Supérieure de París (2 y 4 de diciembre de 2010). Recuerdo aquí las líneas fundamentales del programa de entonces:
« Le cinéma, en naissant puis en se développant, n’a pas seulement produit des techniques, des images, des formes nouvelles de récit ou de spectacle. Gisement de notions, termes et concepts qui ont permis de porter des regards neufs sur des objets qui lui préexistaient, il a également constitué un filtre au travers duquel regarder et comprendre le monde. La forme la plus connue de ce regard est le « cinématisme » eisensteinien : « Il semble que tous les arts aient à travers les siècles tendu vers le cinéma. Inversement, le cinéma aide à comprendre leurs méthodes. » Prenant comme point de départ cette vision puissante et provocante, le présent colloque considère non seulement le cinématisme mais les cinématismes, entendus comme l’ensemble des nouveaux moyens d’analyse et d’interprétation fournis par le cinéma.
Centrée, pour cette première rencontre, sur la littérature, notre réflexion collective entend donc dresser un bilan sur les (re)lectures de textes littéraires irriguées par le cinéma et par les catégories techniques, esthétiques et conceptuelles qu’il a fait naître, cela tout au long du XXe siècle. Dès les premiers écrits recensés par les historiens apparaît la possibilité de considérer la littérature au prisme du cinéma ; la voie s’ouvre à la notion de pré-cinéma, fondée sur l’hypothèse d’une prescience du cinéma dans les arts et la littérature, et la volonté d’envisager le septième art comme art total. Ainsi prend forme, régulièrement contestée mais résistante aux critiques, l’idée d’une « cinématographicité » de la littérature. Les uns la trouvent chez les romanciers du XIXe siècle, fascinés par les premières machines optiques ; d’autres dans une modernité littéraire américaine réputée « sous influence » du cinéma ; d’autres encore chez des auteurs contemporains à l’écriture hantée par le cinéma, sur le plan de l’inspiration comme du style.
C’est l’ensemble de ce phénomène critique que l’on voudrait envisager, non dans le but d’évaluer, de défendre ou réhabiliter telle ou telle approche, mais afin de reconstituer le fil d’une tradition qui représente aujourd’hui une zone spécifique des études comparatistes littérature / cinéma ; d’en analyser l’intérêt épistémologique ; de chercher ce qui est en jeu (esthétiquement, historiquement, politiquement peut-être) dans cette utilisation, hors de leur domaine spécifique, des catégories d’analyse créées par le cinéma.
À l’horizon de cette recherche, on espère mieux comprendre la façon dont le cinéma est non seulement source de productions à interpréter, mais peut devenir lui-même un précieux instrument d’interprétation ».

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