Monday, June 13, 2011

De la confesión por tormento en el rito judicial


Señor caballero, cantar en el ansia se dice entre esta gente non santa confesar en el tormento. A este pecador le dieron tormento y confesó su delito, que era ser cuatrero, que es ser ladrón de bestias, y por haber confesado le condenaron por seis años a galeras, amén de doscientos azotes, que ya lleva en las espaldas; y va siempre pensativo y triste porque los demás ladrones que allá quedan y aquí van le maltratan y aniquilan, y escarnecen, y tienen en poco, porque confesó, y no tuvo ánimo de decir nones. Porque dicen ellos que tantas letras tiene un no como un sí, y que harta ventura tiene un delincuente, que está en su lengua su vida o su muerte, y no en la de los testigos y probanzas; y para mí tengo que no van muy fuera de camino
(Miguel de Cervantes, El Ingenioso hidalgo don Quijote de la Mancha, Primera parte, Capítulo XXII. De la libertad que dio don Quijote a muchos desdichados que, mal de su grado, los llevaban donde no quisieran ir)
Bohuslav Reynek. (Petrkov Manor. Bohemia. Czech, 1892-1971), Don Quijote (1958)







Eric Wenzel
La torture judiciaire dans la France de l'Ancien Régime:
Lumières sur la Question
Préface de Benoît Garnot
Editions Universitaires de Dijon - E.U.D. (Sociétés), 2011, 140 pp.
ISBN: 978-2-915611-89-2

Présentation éditeurLa torture judiciaire, la Question, fait partie de la légende noire de la justice médiévale puis celle de l'époque moderne, de la Renaissance à la Révolution. Légion sont les romans et filins historiques à faire de la torture, à l'instar d'autres «institutions» fantasmées (droit de cuissage, prima nocte...), l'un des symboles de la justice «du temps des rois».
Si la Question fait partie de l'arsenal pénal de l'ancienne France, celle du «temps des supplices», il convient de l'éloigner de nombreux clichés : elle n'est pas un héritage de l'Inquisition médiévale, n'est pas systématiquement employée par des juges ou bourreaux sadiques à l'encontre de malheureux petits délinquants, est au contraire parfaitement réglée et encadrée, d'un usage limité, et doit se comprendre dans une véritable culture de l'aveu, alors considéré comme la «reine des preuves».
Les remontrances émises contre la torture judiciaire de Montaigne aux philosophes des Lumières, époque où elle n'est plus guère qu'un souvenir dans les pratiques judiciaires, n'ont à la vérité été que de peu d'influence sur sa disparition officielle sous Louis XVI. Si la Question finit par s'éteindre dans nombre de pays européens au cours du XVIIIe siècle, c'est surtout du fait des progrès de l'intime conviction, mode de preuve qui rend de moins en moins opératoire le recours à l'aveu forcé.

Eric Wenzel est maître de conférences en histoire du droit et des institutions à l'Université d'Avignon et des Pays de Vaucluse, membre du Laboratoire Biens, Normes, Contrats (EA 3788), et chercheur associé à l'UMR 5605 Université de Bourgogne - CNRS «Ordre et désordre dans l'histoire des sociétés».

Fuente : http://www.lgdj.fr/essais/2334977/torture-judiciaire-france-ancien-regime-lumieres-question

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